Céline disait que les voyages ce sont des petits vertiges faits pour les couillons ...
Il avait raison. Mais bon....
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Céline disait que les voyages ce sont des petits vertiges faits pour les couillons ...
Il avait raison. Mais bon....
Ma tension est descendue à 10, le médecin sort de chez moi, et me demande de bien vouloir garder le lit en corps un peu .
Je suis dégouttée, tout allait à peu près bien, je devais commencer à parcourir mes 24 premiers km d’affilée samedi (une sorte de répétition générale avec les membres du club, avant le trail prévu en décembre) .Une promesse faite à moi-même , il y a quelques mois déjà...
Depuis des années je cours, depuis toutes ces années, je m’épuise sans compter pour atteindre un but imaginaire, une sensation de liberté concrétisée par cette putain de ligne d’arrivée. Franchir cette ligne, la piétiner, tracer un trait sans arrêt.
C’était bien de choisir un défi pour décembre, fêter à ma façon la fin de cette drôle d’ année, des moi(s) du genre dévastateurs.
Depuis hier les frissons parcourent mon être et finissent par pénétrer ma peau. J’ ai froid , tout le temps même si 3 pulls m’entourent le dos . J’ai bien du mal à garder ce dos au chaud, mais je vais insister, parce qu'une dernière elle à protéger. Juste dans l’éventualité où elle voudrait aussi s’envoler…
M’en fous , jeudi je me lèverais ! Parce que j’en ai marre, merde à la fin !

Exercice : Que dit une femme à son amoureux quand elle désire qu'il lui fasse un bébé ? De façon lunoise illustration :
Ma couleur préférée est celle d’une croix bleue !
Mon cœur, le tien en plus d’un, le notre mis en commun celui que l’on fabriquerait . Qu’en dis-tu ? Je voudrais savoir comment ça fait d’entendre plusieurs coeurs battre en même temps au même endroit : en moi serait égal à toi+ moi. Un tam tam grandissant, incessant, un rythme de vie régulier .
Je voudrais voir ta main se poser sur mon ventre devenu rond.
Je voudrais que tu me rassures pendant la période rock n roll : celle des couches, des nuits blanches, et des biberons, tandis que moi j’irais chouiner façon baby blues, cela va de soi. Mais c’est sûr, ce seront des larmes de joie qui finiront toujours par couler.
Puis tu vas gamberger, vouloir changer d’appart pour une maison. Mais je te rassure sur le simple fait que lorsque tu tiendras 3 kilos de bonheur gigoter dans tes bras, le tout sera comme par enchantement relativiser. Ne pense pas trop aux inconvénients, s’il te plait laisse-toi surprendre par un résultat, celui d’une indivision, un amour allant sang pour sang de soi. Et tant pis, si l’on se dispute sur un sujet délicat, celui d’une affaire d’état, le choix d’un prénom …
Si tu es d’accord, je te fais la promesse solennelle d’être insupportable pendant 9 mois …. Fidèle à moi même quoi …
Ps : au cas où l’on me poserait la question : non je ne suis pas enceinte,et non je ne le serais pas enfin plus … ça je le sais déjà….

SPIRALE
Aujourd’hui, j’ai aperçu ta mère à l’hôpital. Elle portait un chemisier blanc et un jean, et comme d’habitude ses cheveux étaient strictement tirés en arrière. Nos regards un peu sombres se sont dit bonjour…Son approche maternelle se déverse sur toi. Mais tes yeux restent fermés. Présence, nos tours de garde, cette permanence tresse les mouvements. Des corps circulent, errent, s’arrangent, dessinent une spirale autour de ton lit. Mouvement circulaire. Nous sommes là, assidus rien que pour Léna, toi, tout près. Nous sommes mobiles au-dessus de ta couche, parfois l'on s'agite et tournons en rond. Tu perçois de ton coma, cette sorte de danse, sans doute ....Cette ronde te rassure , peut-être ? Nous veillons continuellement, sommes inquiets parfois, te contemplons souvent. Tu vis dans le blanc d’un coton, mais pas celui d’un berceau.
Parfois pour avoir la sensation de te divertir, je t’inonde de sons. Celui de Bjork me paraît tout à fait indiqué….Tu disais aimer son univers, si singulier.
Mes visites se régulent, à présent, par une fois par semaine. J’enroule mes semaines autour d’un mercredi. Ce jour, c’est le tien. Puis, une fois par semaine, c’est bien. J’ai ainsi des choses à te raconter. J’ai rencontré un de mes nouveaux voisins, par hasard dans un bar, à 3 rues de l’immeuble. Nous nous sommes saoulés au whisky. Il m’a raconté sa vie, ses histoires. Un ennui de mortels, je crois. Je n’ai pas commenté quand c’ était triste, ni souri quand c’était gras. De toute façon, je n’avais pas l’envie de trop parler. j’ai bu à côté de lui. J’ai acquiescé, soulevé les sourcils, il m’a dit : Eliot, tu es un ami ! L’amitié, hum ! C’est en le laissant, de retour dans mon studio que j’ai souri. Cette journée s’appelle spirale, je passe d’un monde à l’autre, singulier. Pleurer ou rire, à part Léna tout m'indiffère...
