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  • L'idem chagrin

    Le nombre de robes suspendues au dessus des lames du parquet qui craquent sous la lourdeur d’un pas comme dans certains grands magasins, au beau milieu de son dressing m’a toujours impressionnée.
    L'insolence des motifs et de la soie me touche. Des couleurs sur des bouts d’étoffes, des volants encerclés mais dépassant les limites entre les lignes  de deux armées.
    L’une formée de costumes sombres, bataillon posté à l’entrée de l’endroit et de l’autre côté une infanterie de chemises blanches comme des lumières et sans bouton cousu au poignet semblent pouvoir bondir n’importe quand.
    Les froufrous prisonniers inviteraient le regard de quiconque dans cette pièce un peu magique, c’est évident.
    J’ose à peine m’approcher des robes, car il me faut affronter la tristesse de l’uniforme avant. Je marche tout doucement sur la pointe des pieds, comme si je n’avais pas le droit d’être là. J’ai envie de sentir, de toucher ses robes longuement. Des robes  qui à chaque sortie flottaient aux bras de l’un de ces costumes impressionnant. J’ai du mal à réaliser que je ne pourrai plus regarder ces toilettes avec maman dedans.
    Papa non plus, on dirait. Les mains de mon père semblent coupées et ne peuvent plus caresser pour consoler. Ses bras sont baissés, et ne peuvent plus protéger, même pas moi pour l'instant. Papa est cimenté à la tristesse du costume noir qu’il porte aujourd’hui. Arriverai-je à l’attendrir ? À le voir s’assouplir, se pencher sur mon idem chagrin. 

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  • Rêve de désert.

    Atelier d'écriture, du 05/04/2011, des 1000 poètes, animé par Sylvianne.
    (Texte à lire tout haut, pour trouver les jeux de mots):

    La surface de ce  désert, au beau milieu d’une clairière, doit mesurer 1m2 environ, ses contours dessinent un carré parfait.
    C’est un peu comme une aire de « JE » d’enfant, mais sans les deux.
    Un carré vide au beau milieu d’un pré.
    C’est un désert que j’appellerais parfait, car sans relief, ni reflets,
    un désert sans terre,
    tout nu, tout sombre et silencieux.
    Un carré noir inexpressif, et pourtant, j’ai l’impression qu’il veut dire quelque chose. Est-ce un puits de calme, un terrain vague offrant une cachette aux proies qui passeraient par là ?
    Tout autour de cet espace carré, c’est l’univers du chaos.
    Les brins d’herbes sont rangés en bataillons touffus, des tous petits bosquets destinés à meubler le sol.
    Au fin fond de cette forêt d’herbes folles, un fourmillement d’insectes tous différents vaquent à leurs occupations. Même le cafard…
    Quand je me suis penchée, d’avantage, pour observer la flore et la faune du commencement de l’infiniment petit, j’ai eu la sensation de détenir, un instant,  les pouvoirs d’un Dieu, une déraison venant d’en haut.
    Pourtant, j’ai pu observé aux contours du désert noir, une abondance des vies, de minuscules vies s’organisant pour l’hiver, ou occupées à tuer et manger enfin,
    afin d’avoir une chance de survivre après.
    Lancer un coup de pied dans la fourmilière, je ne le ferai pas. Les carnages je n’aime toujours pas ça.
    La vision version  petite mosaïque d’un enfer, me donne le tournis, sous le poids de la chaleur, je renonce à zoomer plus petit.
    Je m’enfuis.
    Un tapis de désert criant du flou et du mystère, et à ses côtés au ras de la Terre, au ras du sol foulé,
    se trouve l’abondance de toutes sortes d’existences et de leur agglomération.
    Avec en fond sonore au dessus de tout ça, le bruit d’une dense nature…

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