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10 avril 2011

L'idem chagrin

Le nombre de robes suspendues au dessus des lames du parquet qui craquent sous la lourdeur d’un pas comme dans certains grands magasins, au beau milieu de son dressing m’a toujours impressionnée.
L'insolence des motifs et de la soie me touche. Des couleurs sur des bouts d’étoffes, des volants encerclés mais dépassant les limites entre les lignes  de deux armées.
L’une formée de costumes sombres, bataillon posté à l’entrée de l’endroit et de l’autre côté une infanterie de chemises blanches comme des lumières et sans bouton cousu au poignet semblent pouvoir bondir n’importe quand.
Les froufrous prisonniers inviteraient le regard de quiconque dans cette pièce un peu magique, c’est évident.
J’ose à peine m’approcher des robes, car il me faut affronter la tristesse de l’uniforme avant. Je marche tout doucement sur la pointe des pieds, comme si je n’avais pas le droit d’être là. J’ai envie de sentir, de toucher ses robes longuement. Des robes  qui à chaque sortie flottaient aux bras de l’un de ces costumes impressionnant. J’ai du mal à réaliser que je ne pourrai plus regarder ces toilettes avec maman dedans.
Papa non plus, on dirait. Les mains de mon père semblent coupées et ne peuvent plus caresser pour consoler. Ses bras sont baissés, et ne peuvent plus protéger, même pas moi pour l'instant. Papa est cimenté à la tristesse du costume noir qu’il porte aujourd’hui. Arriverai-je à l’attendrir ? À le voir s’assouplir, se pencher sur mon idem chagrin. 

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13:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4)

Commentaires

Très beau texte.

Écrit par : Michèle | 10 avril 2011

Merci

Écrit par : ellesurlalune | 11 avril 2011

magnifique texte
patrick

Écrit par : patrick | 14 avril 2011

joli texte

Écrit par : Papa | 14 avril 2011

Les commentaires sont fermés.