UA-112009492-2

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Oleg Kulik

    oleg_kulik.jpg

  • Odeur de café insistante !

    La dernière ligne d’arrivée. Les derniers kilomètres en voiture, représentait un véritable enfer. Pour atteindre ce petit village des Corbières, en juillet, c’était :  chaleur, impatience, virages à répétition et fatigue, le tout concentré sur un même espace temps … Et parfois pire, si par manque de chance une 2CV roulant à fond, c’est-à-dire à 40 km/h, pétaradait devant nous. Parce que doubler était impossible, puisque aucun champ de vision sur cette route ressemblant à un immense serpent, enroulé autour des vallons. Domy ma soeur, annonçait toujours trop tard qu’elle allait être malade. C’est à ce moment que Patricia ( mon autre sœur) et moi, véritablement, la maudissions…On s’arrêtait, mais ça ne faisait pas passer les nausées !

    « Enfin loin de Paris … » C’est à peu près ça que tout le monde ici nous disait, quand nous arrivions. Comme si vivre dans la grande ville pleine de rues était pour les autochtones un calvaire, une punition. Pour certains ce choix de vie restait un mystère. Pourquoi donc aller se geler là-haut . « On n’est pas bien ici ? «  devise, toujours d’actualité dans la région…C’est vrai qu’à notre arrivée, nous étions bien blancs et tous froissés, surtout papa, le pilote, super fatigué de l’expédition… Ah, les premières impressions.
    Mais 817 km à  cinq dans un paquebot une CX, avec valises et chien dans la malle, comment vouliez-vous que nous soyons ?

    Ma grand-mère, mamé, mes tantes, ma mère, et nous les petites filles, un clan fonctionnant sur mode matriarcal durant l’été. Elles parlaient, cuisinaient pour 12 tous les jours, et s’engueulaient beaucoup aussi. Du banc de dehors on entendait pratiquement tout. La porte d’entrée était ouverte, seuls les rideaux à bandes de couleurs volaient, ça laissait rentrer l’air et les mouches aussi…
    Le calendrier de la poste posé debout sur le buffet de la cuisine, le placard à gâteaux, toujours, comme par magie rempli, dans cette pièce, non pas la plus grande, mais la plus importante.  Grande cuisine, grande table et les femmes autour de celle-ci, un rendez-vous pris de 14h à 15h, tous les jours sans exception. Les hommes : pères oncles et grand-père occupés la plupart du temps à pêcher, c’est-à-dire à roupiller sous un arbre…
    Avant de nous emmener à la rivière ( l’une des rares distraction, mais ô combien appréciée par de nombreuses générations) , elles, ces femmes, buvaient ensemble le café. L’arôme remplissait toute la maison. C’était une quasi cérémonie pour mamé, ce moment privilégié, celui du café trop corsé d'après ce que j'entendais. Cette femme avec toutes ses grandes et petites filles. Un moment sacré, consacré à se retrouver.. Oh , ces femmes là ne parlaient pas des grands sujets d’actualités, elles étaient autour et entre elles à se souvenir ou à parler de leur quotidien, des maris, des petits, nous.  Nous les enfants, en bout de table avec dînette et grenadine les imitions.
    Marion, la plus jeune des cousines, dépassait à peine de la table. Son champ de vison était un horizon sur toile cirée. Elle passait de bras en bras, avec gros poutou de mamé au passage. Marion avec ses colères faisait l’attraction.
    Dans ce minuscule village des Corbières, c’est à peu près ainsi que les maisons de juillet à août, se remplissaient, vivaient. Et quand nous repartions, mes parents restaient silencieux jusqu’à l’autoroute. Quelques kilomètres et déjà de la nostalgie. Des jours d’été des souvenirs, collant comme des bonbons.


    images.jpeg

  • S'entend, cent ans ....

    Comme par hasard , je fermerais mon portable. Pas même dire merci d’être née un 13 . Pourquoi donc ? Eh bien tout simplement parce que je n’en aurais , bien évidemment , pas envie … Ils le savent tous autour de moi, et ne m’en veulent pas. Chaque année c’est pareil et cette année sera bien sur la même…
    Non fêter les années qui coulent entre les doigts, ça ne plait pas . Quand tout file de cette façon là , que reste-t-il : à part de la nostalgie, des soupirs, des remords, des regrets , et un énorme crouic  ( un jour on m’a dit que c’était le bruit d’un cœur qui se serre )
    À dire vrai, ça me fait carrément flipper de me rapprocher de l’inévitable, cet acte que je considère comme le plus égocentrique qui soit. .
    Qu’ai je bien pu faire cette année novembre 2007 à novembre 2008. Rien d’extraordinaire sans doute, j’ai tenté la simplicité, là par contre comme d’hab  j’ai raté…
    Je me suis reposée, entre deux salves laser de Dark Vador durant 4 mois, j’ai maigri des bourrelets et des cheveux sans même le faire exprès, puis j’ai remangé manière de voir quelle tête je ferais si je reprenais un peu de couleurs dans l’ensemble, pour l’ensemble : rassurer les deux vies dont j’ai l’honneur d’avoir charge d’âme : mes enfants .
    Ce que j’ai adoré en cette année fut mon saut à 4000 m, la chute libre sur 2200 mètres en compagnie du beau gosse auquel j’étais harnachée. Ce saut, un cadeau de mon époux. Un jour de fièvre et de nausée, il m’ a apportée une petite boite où il était écrit de ne pas lui faire faux bond ce jour là, et les suivants .Ce qui voulait dire dans son langage à lui : accroche toi , tu te dois bien ça .
    Qu’a t il eut d’autre entre ses deux anniversaires ? Comme d’hab, en fait après le repos, je me suis occupée d’un ange aux yeux plus verts que les miens et d’un gentil démon aux grands yeux bleus, j’ai monté ma boite, et suis partie travailler dans le bureau où un homme grandeur nature a été collé là par mes soins sur le mur, j’ai fait les courses et le ménage manière d’avoir l’impression de dépoussiérer la vie , j’ai repeint des trucs dans la maison , tuer un zèbre en viscose pour faire comme D etco , j’ai fait un semi de 25 km juste pour embêter, de plus sans même faire trop ma crâneuse sur la lune ( non je n’ai pas gerbé sur mes mizzuno à l’arrivée, quoique juste un peu) et enfin j’ai fini ma montagne de mots ( bientôt à dispo) grâce à un ami . Courageux ami qui a même trouvé des ‘ apostrophes à l’envers en plus des autres lettres mal rangées dans ce bouquin écrit par mes soins .
    Tous ces petits trucs, je les fête au moment qui me paraît important, c’est-à-dire dans le vif celui de l’instant .
    Alors un anniversaire, c’est quoi au juste compiler une année rien qu’à soit, et dès le lendemain classer tout ça dans sa mémoire . Fêter la fin d’une année de vie. J’entends ici et là que l’existence est trop courte et qu’il faut en profiter, ne rien rater. S ‘ éparpiller ?
    Plein de cire de bougies dégouline sur le gâteau, et il paraît que c’est beau et comestible  quand on mange un dessert tout escagassé et fondu.

    sub_tour-04.jpg

     

  • Avoir un But !

    - Oh comme il est joliment déguisé ce chiffonnier. Mais où donc trouves-tu ces petits meubles ? Brocantes ?
    - C’est moi qui l’ai fait !
    - Vraiment, roooo comment fais-tu ?
    - Du temps, beaucoup de temps qu’il faut, en fait…. J’ai planté un gland, je l’ai arrosé. J’ai attendu qu’il pousse, sans oublier d’y mettre beaucoup d’engrais. Et comme ça prend du temps pour grandir un chêne centenaire. Ben j’ai pris des cours de menuiserie pour patienter. Puis quand le bébé arbre fut devenu grand et robuste , j’ai téléphoné à Superman pour qu’il vienne m’aider à l’abattre, le détruire. Avec le rayon laser qui part de  ses yeux il m’a coupé le tronc en planches. Parce que moi avec une scie, c’est relativement désastreux et le résultat, bien entendu, est loin d’être fabuleux.
    Puis j’ai écrit une lettre à Saint Nicolas, lui demandant de m’apporter des pots de peinture, des pinceaux, du papier de verre et un marteau, à mettre dans mes 50 paires d’escarpins pour la nuit de Noel.
    Ensuite, le petit chaperon rouge et Xéna la guerrière sont venues me prêter main forte pour assembler le tout ! Une fois le chiffonnier assemblé, tout ce petit monde et moi avons pris l’apéro ! Et c’est avant hier, à 10h 7 minutes du matin que j’ai pu enfin tout peindre en noir comme un arc en ciel !
    Voilà , voilà ut sais à peu près tout de mon savoir faire. Rien de très difficile, c’est juste que ça prend du temps. C’est super long, il faut du courage, de la détermination, et beaucoup de patience pour chercher et finir par trouver la drôle folie…Tout un monde, un décor, des trucs à faire, et ainsi la sensation de ne pas la trouver trop longue cette vie. Et  si ut penses que de meubler de façon extraordinaire est trop fatigant . Ben à la place, il paraît que tu peux toujours rêver, faute de ne pas avoir non plus envie d’ aller directement à But.
    - Ahhh d’accord !
    images.jpeg