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  • L'absence ....le silence ...une offense ?

    Prendre un verre, une nuit, dans un endroit où je ne vais jamais. Pourquoi , pourquoi pas, hein ? rien.. .
    Après chacune de mes visites, je ne peux me résigner à rejoindre directement mon studio. L’ivresse, ma compagne, inlassablement cette campagne à suivre, à battre, frapper par le temps fuyant . Je suis infatigable, insatiable et silencieux,  je me dis : Pas en corps prêt à abdiquer, à nouveau, aux codes sociaux.
    j’aspire l’alcool, une noyade à chacun de mes verres … Eliot submerge cet étrange et redouté espoir, celui d’un réveil éventuel ….Celui de Léna ? Celui d’e l’homme peut-être aussi.
    Qui sait….
    Un pub dans le ventre de la mégapole.
    Giron, ce ventre de la ville auquel je commence à m’habituer, vison et frôlement des corps que je commence à vouloir apprivoiser. Le décor d’un bar me trouble. La chaleur d’un éclairage ocre et tamisé contraste avec des cloisons de verre et d’acier, les tables et les chaises possèdent à la fois, forme ancienne, et matière plexi.
    L’usage et l’esprit se mélangent, les siècles, les époques semblent s'amuser ici.
    Rien n'est figé. Rien de comparable avec les banquettes des troquets, en bordure de l’énorme fleuve. Moleskine, brume et brunes cigarettes paraissant à des années lumières d’ici.
    La curieuse conception de ce bistro « temps « moderne et contemporain attire les regards extérieurs. Le mien en l’occurrence, capté par cette ambiance singulière. L’envie d’un vertige dans ce lieu quasi intemporel m’appelle….Puis je ramène cette femme mure dans mon studio, au milieu de la nuit. La curieuse a tellement insisté pour connaître mon univers. Je n’ai pas de détermination, ce courage de décliner. J’abdique devant la curiosité de cette curieuse personne, la curieuse.
    Je lui fait les honneurs de la maison, l’antre de mes états, parfois seconds. Elle parle beaucoup et m’informe de tout ce qu’il faut savoir de sa vie. Je reste muet.
    Je la caresse du regard, la femme apprécie. Je l’écoute et ne dis rien. Je sonde ce genre féminin. Mon visage reste ouvert, figé, à l’ écoute.
    Mon visage ouvert et ma pensée en travaux. Je ne peux lui fournir qu’ une écoute, une incertaine affection, pour l’instant. L’après n’existe pas pour moi, mais demeure juste un avant, avant toi.
    Ma journée s’appelle visage. La rencontre d'une tête, en huis clos, avec la mienne. Une écoute, avec un flirt fixé sur le dessus.
    J’ espère juste que mon silence ne lui laissera rien de spécial à présumer . Qui ne dit mot ne consent pas obligatoirement au désir de l’autre… Je m’y refuse,
    sera-t-elle, sans doute très déçue…
    Léna, tu n’es pas là...Toi n'es plus là.

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