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  • Un suicide , illustration :

    J’ai commencé d’abord par oublier certains mots, les confondais. Le langage me manquait. 
    Je montais les escaliers, et je ne savais plus en haut ce que j’étais venue chercher . Puis j’ai commencé à mélanger les objets, j’appelais une chaise un pommier ! Tout un vocabulaire handicapé, amputé … Ensuite, ce sont les souvenirs qui se sont estompés. La mémoire immédiate puis ces visages qui ne me disaient plus rien, mais ces gens qui me questionnaient sans arrêt . Tous autour de moi s’interrogeaient et vérifiaient si un « truc «  pouvait m’ évoquer «  quelque chose «  . Vomir une miette d’eux venant de ma bouche suffisait à les tranquilliser pour leur journée.
    Mais non rien …, à l’envers , je refaisais le chemin , entre des colères et des étonnements ,je retenais juste les moments où j’étais ado, enfant et commun bébé . Ma vie à compte rebours se déroulait, cette mémoire détériorée …
    Pourtant de cette pollution cérébrale, j’en avais déjà entendu parler, en tant que  métaphore :une sorte de monstre dégénéré grignotant tout un «  être «  une vie, et terrifiant les gens . Comme un parasite qu’il fallait exterminer. J’ai pris ce qu’il me restait du souvenir de ce que l’on appelle un choix : celui de se retirer avec un zest de courage fixé sur le dessus .  J’ai semé mon existence et fini par la perdre, l’égarer.  En me jetant par la fenêtre j’ai fait un dernier geste , je crois que de mon temps , il s’appelait : lucidité.  Le seul mot qui tenait en corps debout !  Au bord du balcon, je me suis demandée si c’était  ça de partir avec grâce et dignité, de mon balcon je me suis penchée sur une solution . Comment dit –on déjà ? Alzheimer ou flaque de « sans «  sur le pavé ? Face au destin, Je gomme les maux , c'est la fin…
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